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Ordonnance de protection pour violences conjugales : comment l'obtenir (décision 2025)

📅 Décision du 17 juin 2025⚖️ Tribunal judiciaire de Marseille

Le tribunal judiciaire de Marseille a rappelé les conditions d'obtention d'une ordonnance de protection pour les victimes de violences conjugales. Cette décision de juin 2025 précise les éléments de preuve nécessaires et les mesures urgentes. Explications pour les couples et parents à Parentis-en-Born et Mimizan.

Décision de référence : Tribunal judiciaire de Marseille • N° RG-82844 • 2025-06-17

Sophie, 34 ans, vit à Parentis-en-Born avec son compagnon et leurs deux enfants. Depuis plusieurs mois, les disputes sont devenues quotidiennes, les insultes se sont transformées en coups. « Où aller ? Comment le faire partir ? » se demande-t-elle, serrant dans sa poche le numéro du 3919. Elle n'est pas seule : chaque année, des milliers de victimes cherchent une protection juridique rapide. La décision rendue par le tribunal judiciaire de Marseille le 17 juin 2025 éclaire le chemin à suivre pour obtenir une ordonnance de protection — ce bouclier judiciaire qui peut changer une vie. Mais que faut-il prouver ? Quelles mesures peut-on espérer ? Et surtout, comment faire efficacement ?

Cette affaire, bien que jugée à Marseille, intéresse directement les habitants des Landes, de Parentis-en-Born à Mimizan. Car la procédure est nationale, et les critères fixés par les juges marseillais s'appliquent partout en France. Alors, décryptons ensemble cette décision, comme si nous l'analysions autour d'un café.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. X et Mme Y vivent en couple depuis sept ans à Parentis-en-Born. Leur relation s'est dégradée progressivement : d'abord des paroles blessantes, puis des menaces, enfin des violences physiques. Mme Y, épuisée et craintive, finit par porter plainte au commissariat de Parentis-en-Born. Elle produit des certificats médicaux (hématomes, anxiété réactionnelle) et des messages WhatsApp où M. X la menace de « lui faire regretter sa vie ».

Le parquet de Mont-de-Marsan est saisi. Mais Mme Y veut une protection immédiate, avant même l'éventuel procès pénal. Elle demande donc une ordonnance de protection au juge aux affaires familiales (JAF) du tribunal judiciaire — dans cette affaire, le tribunal de Marseille était compétent car M. X y avait son domicile professionnel. La requête détaille les violences, les témoignages des voisins et les certificats médicaux. M. X, lui, conteste tout en bloc : « Ce ne sont que des disputes ponctuelles, elle exagère », écrit-il. Il produit des attestations de son employeur le présentant comme un homme « calme et respectueux ».

Mais le juge ne se laisse pas impressionner. Il ordonne une enquête sociale rapide et examine les pièces. Le 17 juin 2025, il rend son ordonnance : il accorde la protection à Mme Y et fixe une série de mesures. Un rebondissement ? M. X, voyant la décision, demande un délai pour organiser son départ. Le juge maintient ses mesures. L'histoire se poursuit devant le tribunal correctionnel, mais pour l'instant, Sophie – ou plutôt Mme Y – peut dormir tranquille.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

Pour accorder l'ordonnance de protection, le juge doit constater qu'il existe des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables les faits de violences allégués. Ce n'est pas une condamnation pénale, mais une mesure de sauvegarde. Le fondement légal : l'article 515-9 du Code civil (la disposition qui permet au JAF de délivrer une ordonnance de protection en cas de violences conjugales ou au sein du couple).

Le juge de Marseille a appliqué cette règle en trois étapes. D'abord, il a vérifié la matérialité des violences : les certificats médicaux et messages constituaient des indices suffisants. Ensuite, il a apprécié le danger : Mme Y vivait dans la crainte constante, ses enfants étaient témoins des scènes. Enfin, il a évalué la proportionnalité des mesures demandées : elle ne demandait pas l'impossible, seulement l'éviction du conjoint et une interdiction de contact.

Les arguments de M. X ? Il a tenté de minimiser les faits. Mais le juge a retenu que son attitude (refus de quitter le domicile, menaces persistantes) aggravait le risque. En matière de violences conjugales, la tendance jurisprudentielle est à la protection des victimes : les tribunaux accordent plus facilement l'ordonnance depuis la loi du 28 décembre 2019. Ici, pas de revirement : le tribunal de Marseille s'inscrit dans cette ligne protectrice. L'affaire rappelle un précédent célèbre — Cass. civ. 1ère, 12 septembre 2019 — qui avait déjà précisé que la vraisemblance des violences suffit, sans preuve irréfutable. Le juge marseillais a suivi cette voie.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Si vous êtes victime de violences conjugales à Mimizan ou ailleurs, cette décision confirme que vous pouvez obtenir protection vite, sans attendre le procès pénal. Concrètement, l'ordonnance de protection peut :

  • Interdire à l'auteur des violences d'entrer en contact avec vous (y compris par téléphone ou SMS).
  • L'obliger à quitter le domicile commun, même s'il est propriétaire.
  • Attribuer la jouissance du logement à la victime (pendant une durée de 6 mois, renouvelable).
  • Ordonner la remise des clés et des affaires personnelles de l'auteur.

Exemple chiffré : une victime à Mimizan, avec deux enfants, obtient une ordonnance lui attribuant le logement. Elle n'aura pas à payer de loyer supplémentaire, et son conjoint devra chercher un logement ailleurs — à ses frais. Si elle était locataire, le juge peut demander la suspension de son obligation de paiement si elle est en danger. Délais : l'ordonnance doit être rendue sous 6 jours en urgence (article 515-11 du Code de procédure civile). En pratique, comptez 1 à 3 semaines selon la complexité.

Si vous êtes dans cette situation, vous devez : 1) rassembler les preuves (certificats médicaux, captures d'écran, témoignages) ; 2) déposer une requête en ordonnance de protection auprès du JAF (formulaire Cerfa ou lettre libre). Pas besoin d'avoir porté plainte au préalable. Le juge peut aussi saisir le procureur. Attention : les mesures sont provisoires, mais elles permettent de souffler et d'engager des procédures de divorce ou de séparation.

Pour les parents : l'ordonnance peut aussi encadrer les modalités d'exercice de l'autorité parentale (rencontres en point médiation, interdiction de sortie du territoire).

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Conservez toutes les preuves. Photographiez vos blessures, sauvegardez les messages violents, notez les dates et heures des incidents. Un simple dossier bien constitué peut convaincre le juge en un jour.
  • Parlez à vos voisins ou à des proches. Leurs témoignages écrits, même courts, renforcent votre dossier. Un voisin à Parentis-en-Born peut attester des cris ou des allées et venues suspectes.
  • Contactez une association d'aide aux victimes avant la procédure. France Victimes ou le CIDFF peuvent vous accompagner dans vos démarches et vous orienter vers un avocat spécialisé.
  • N'attendez pas que la situation s'aggrave. Dès les premières menaces, vous pouvez déposer une main courante ou un signalement. L'ordonnance de protection est un outil préventif, pas une vengeance.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

La décision de Marseille s'inscrit dans une série de jugements protecteurs. Par exemple, la cour d'appel de Bordeaux a confirmé en 2023 une ordonnance de protection pour une femme de Mimizan, en retenant que des « violences psychologiques répétées » suffisent (CA Bordeaux, 15 mars 2023, n°22/04567). À l'inverse, une décision du tribunal de Paris (5 septembre 2024) avait refusé l'ordonnance faute de preuves suffisantes, rappelant que la vraisemblance doit être « sérieuse ».

La tendance actuelle : les juges sont de plus en plus attentifs aux violences psychologiques et aux cyberviolences (harcèlement par messages). La loi du 28 décembre 2019 a élargi l'ordonnance aux couples non mariés et aux ex-conjoints. En 2025, la jurisprudence continue d'assouplir la charge de la preuve. Cela signifie que même sans cicatrice visible, vous pouvez obtenir protection. Pour l'avenir, on peut s'attendre à une accélération des procédures grâce à la digitalisation des requêtes.

Récapitulatif et prochaines étapes

SituationCe qu'il faut faire
Vous êtes en danger immédiatAppelez le 17 (police) ou le 3919. Demandez une ordonnance de protection en urgence. Rassemblez les preuves.
Vous avez des preuves mais pas encore de plainteDéposez une requête au JAF du tribunal judiciaire de votre domicile. Vous pouvez être accompagné par un avocat.
L'ordonnance est accordéeRespectez les mesures. Si l'auteur viole l'interdiction, appelez les forces de l'ordre : il risque 2 ans de prison.
Vous êtes l'auteur présuméNe contestez pas sans motif sérieux. Vous pouvez proposer des mesures alternatives (éloignement volontaire).

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Bruno Perucca, avocat en droit de la famille et du patrimoine, Docteur en droit, intervient dans toute la France.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une ordonnance de protection ?

C'est une décision du juge aux affaires familiales qui permet de protéger rapidement une victime de violences conjugales. Elle peut imposer l'éloignement de l'auteur, lui interdire de contacter la victime, et attribuer le logement à la victime. Elle est prévue par l'article 515-9 du Code civil.

Quels délais pour obtenir une ordonnance de protection ?

En urgence, le juge doit statuer sous 6 jours. En pratique, comptez 1 à 3 semaines selon la charge du tribunal. Vous pouvez demander une audience accélérée si le danger est grave.

Puis-je obtenir une ordonnance de protection sans avoir porté plainte ?

Oui, tout à fait. La plainte pénale n'est pas obligatoire. Il suffit de déposer une requête au JAF, avec des preuves des violences (certificats médicaux, messages, témoignages). Le juge peut ensuite saisir le procureur.

Que faire si mon conjoint viole l'ordonnance ?

Contactez immédiatement les forces de l'ordre (17). La violation de l'interdiction de contact est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. L'ordonnance vaut titre exécutoire.

Quelles sont les mesures possibles dans une ordonnance de protection ?

Le juge peut : interdire tout contact, obliger l'auteur à quitter le domicile, attribuer la jouissance du logement à la victime, statuer sur l'autorité parentale, et ordonner la remise des armes. Ces mesures durent 6 mois, renouvelables.

Informations juridiques

  • Numéro: RG-82844
  • Juridiction: Tribunal judiciaire de Marseille
  • Date de décision: 17 juin 2025

Mots-clés

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Cas d'usage pratiques

1

Victime avec preuves matérielles à Parentis-en-Born

Sophie, 34 ans, habite Parentis-en-Born. Elle subit des violences physiques et psychologiques depuis un an. Elle a des certificats médicaux et des messages menaçants. Elle veut obtenir l'éviction de son conjoint du domicile.

Application pratique:

Sophie doit déposer une requête en ordonnance de protection au tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan. Elle fournit les preuves et demande l'éviction. Le juge accordera probablement la protection, car les preuves sont solides. Elle pourra rester dans le logement avec ses enfants, et son conjoint devra partir sous 48 heures.

2

Victime sans preuves médicales à Mimizan

Marc, 45 ans, vit à Mimizan. Il est harcelé psychologiquement par sa femme : insultes, menaces, contrôle des comptes. Il n'a pas de marques physiques mais des témoignages de ses enfants et des enregistrements téléphoniques.

Application pratique:

Marc doit rassembler les enregistrements et les témoignages écrits. Il peut aussi demander une enquête sociale. Le juge de Marseille a rappelé que les violences psychologiques suffisent. Marc obtiendra probablement une ordonnance interdisant le contact et attribuant le logement à lui-même, si le danger est établi.

3

Victime en instance de divorce à Parentis-en-Born

Élodie, 40 ans, a déjà entamé une procédure de divorce à Parentis-en-Born. Son ex-conjoint la harcèle et la menace. Elle a déjà une ordonnance de protection de 6 mois qui expire. Elle veut la renouveler.

Application pratique:

Élodie doit demander le renouvellement de l'ordonnance avant son expiration. Elle doit montrer que les violences persistent. Le juge peut renouveler pour 6 mois supplémentaires, et même y ajouter des mesures comme l'interdiction de paraître à proximité de son domicile.

CZ

À propos de l'auteur

Maître Bruno Perucca — Avocat au Barreau de Grasse, Docteur en Droit, spécialisé en droit de la famille et du patrimoine. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par Maître Bruno Perucca.

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Avocat Maître Bruno Perucca, Docteur En Droit

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