Droit de la Famille

La publication au Bulletin officiel

📅 Décision du 14 décembre 2022⚖️ Cour de cassation

La publication au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) du jugement d'arrêté du plan de redressement du crédit-preneur incluant le remboursement de la créance du crédit-bailleur n'est pas de nature à rendre le droit de propriété de ce dernier opposable à la liquidation judiciaire du crédit-preneur ni, dès lors, à suppléer l'absence de renouvellement de la publicité du contrat de crédit-bail dans le délai de prescription de cinq ans édicté par l'article L. 313-11 du code monétaire et financier

Décision de référence : cc • N° 21-16.048 • 2022-12-14 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur vos droits familiaux et patrimoniaux. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

La publication au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) du jugement d'arrêté du plan de redressement du crédit-preneur incluant le remboursement de la créance du crédit-bailleur n'est pas de nature à rendre le droit de propriété de ce dernier opposable à la liquidation judiciaire du crédit-preneur ni, dès lors, à suppléer l'absence de renouvellement de la publicité du contrat de crédit-bail dans le délai de prescription de cinq ans édicté par l'article L. 313-11 du code monétaire et financier

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 21-16.048
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 14 décembre 2022

Mots-clés

droit de la famillejurisprudencefamille

Cas d'usage pratiques

1

Dirigeant en liquidation : machine en crédit-bail contestée

M. Fabien dirige une menuiserie à Nantes. En 2016, il signe un crédit-bail (contrat de location avec option d'achat) pour une machine à panneaux valant 120 000 €. Sa société est placée en redressement judiciaire en 2022 puis en liquidation en 2023 ; le leasing, qui n'a jamais renouvelé la publicité de son contrat, réclame pourtant la machine comme étant sa propriété.

Application pratique:

Depuis l'arrêt du 14 décembre 2022 (Cass., n° 21-16.048), la simple mention de la créance du leasing dans le plan de redressement publié au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, journal légal des procédures collectives) ne vaut pas preuve de propriété : si le leasing n'a pas renouvelé la publicité du contrat dans les 5 ans (délai dit de « prescription » de l'article L. 313-11 du code monétaire et financier), il perd son droit sur la machine. Concrètement, M. Fabien ou son liquidateur doit vérifier la date de dépôt du contrat au greffe du tribunal de commerce et son éventuel renouvellement. Si la publicité est périmée, la machine intègre l'actif de la liquidation et peut être vendue au profit de l'ensemble des créanciers. Il faut aussitôt notifier ce moyen au leasing et au mandataire judiciaire, pièces de datation à l'appui.

2

Société de leasing : renouveler la publicité sous cinq ans

Une société de crédit-bail implantée à Lyon gère 40 véhicules utilitaires loués à des artisans, pour un portefeuille de 1,4 million d'euros. Elle estime que la publication BODACC du plan de redressement de l'un de ses locataires, en 2021, suffit à prouver son droit de propriété sur les véhicules, dont le contrat initial date de 2016.

Application pratique:

La Cour de cassation juge le contraire : seule la publicité du contrat de crédit-bail elle-même, renouvelée tous les 5 ans au greffe, rend le droit de propriété opposable (c'est-à-dire invoquable) face aux créanciers en cas de liquidation judiciaire du locataire. Le leasing doit donc dresser l'inventaire de tous ses contrats de plus de 5 ans et vérifier, greffe par greffe, la date de dernier dépôt. Tout contrat non renouvelé doit faire l'objet d'un renouvellement immédiat, avec mise en place d'un rappel automatique à échéance de 4 ans et 6 mois. À défaut, le bailleur est traité comme un simple créancier chirographaire (payé après les créanciers prioritaires), avec une perte sèche fréquente de plusieurs dizaines de milliers d'euros par dossier.

3

Repreneur d'entreprise : vérifier le matériel avant achat

À Bordeaux, Mme Léa envisage en 2024 de racheter pour 250 000 € le fonds d'une boulangerie en liquidation judiciaire, y compris son four rotatif et sa pétrisseuse acquis en crédit-bail en 2015 et 2017. Le vendeur lui présente le plan de redressement publié au BODACC comme garantie que tout est « en règle » sur le matériel.

Application pratique:

Avant de signer, Mme Léa doit faire vérifier la situation de chaque équipement : l'arrêt de 2022 confirme que la publication BODACC du plan ne préserve pas le droit de propriété du crédit-bailleur si la publicité du contrat n'a pas été renouvelée dans les 5 ans. Trois vérifications s'imposent : demander au greffe du tribunal de commerce l'état des dépôts et renouvellements pour chaque contrat, exiger du liquidateur un état précis du parc en crédit-bail, et insérer dans l'acte une garantie sur l'absence de revendication ultérieure. Si un contrat n'a pas été renouvelé, le matériel appartient au pool de liquidation et doit figurer dans le prix de cession ; s'il a été renouvelé, Mme Léa devra soit lever l'option d'achat, soit négocier un nouveau bail avec le leasing. Un audit de 30 minutes avec un avocat avant compromis évite ici un contentieux de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

BP

À propos de l'auteur

Maître Bruno Perucca — Avocat au Barreau de Grasse, Docteur en Droit, spécialisé en droit de la famille et du patrimoine. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par Maître Bruno Perucca.

Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

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Avocat Maître Bruno Perucca, Docteur En Droit

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